Comment amortir et mettre à profit le coût de la dépendance

La dépendance a un coût et chaque dépendant peut aisément réaliser un rapide calcul du prix de son addiction.  Chaque addict consomme entre cinq et trente ans avant de mourir soit de maladies (VHC, VIH, etc.), soit de son addiction. Durant toute cette période :

– il est hospitalisé plusieurs fois dans un centre de traitement, d’une durée moyenne de trois semaines.

– il est hospitalisé au moins trois fois, pour une semaine ou plus comme conséquence de sa consommation.

– une dizaine de fois, il est admis aux urgences.

– probablement il effectuera un séjour en prison.

– du fait de sa vie professionnelle très perturbée, il a peu ou pas cotisé à la société.

On calcule que le coût de la dépendance pour chaque français à l’année est de  566,22 €.

 

Les dépendants quand ils arrivent dans les structures d’aide ont besoin de reconstruire complètement leurs vies :

 

1)   Les cures

 

Cela commence par accepter d’aller dans les centres de traitement et les groupes de parole.  Seulement après quelques mois de thérapie nous commençons à être présentables.

 

2)   Les structures d’accueil

 

Ensuite nous avons besoin de remettre tous nos papiers administratifs en règle et prendre en charge sérieusement les affections de longue durée que nous avons contractées au cours de notre dépendance active. En général nous sommes hébergés en appartements thérapeutiques pendant cette période.

 

3)   Le retour à la vie professionnelle

 

Il nous faut une à deux années pour passer à l’étape suivante : reprendre son activité, apprendre un métier, suivre une formation, etc… Cette étape est l’opportunité pour chaque dépendant de se trouver une nouvelle vocation : le rétablissement.

Après des années de dépendance active nous avons perdu toute crédibilité dans notre entourage mais par contre nous sommes devenus des professionnels de l’addiction.  Le seul moyen que nous connaissons pour garder notre rétablissement est d’en partager l’expérience : comment avons nous fait, comment les copains ont fait. Nous sommes incollables sur les associations d’aide aux dépendants et solutions d’urgence, car nous les avons toutes faites.

 

C’est le moment de nous former au « médiateur de santé pair » pour pérenniser nos connaissances et pour garder notre rétablissement. Le médiateur de santé pair peut alors optimiser le travail des organismes de soutien et d’accueil des dépendants et par l’identification et l’entraide obtenir un taux de succès d’intégration dans les structures de 70%. Ce sont des vies sauvées, ce sont de futurs contribuables, ce sont des dépendants qui sortent de la spirale de l’échec.

 

Si chaque dépendant en rétablissement peut transmettre le virus du rétablissement à 4 personnes, nous sommes alors assurés de réduire le coût de la dépendance dans la société.

 

L’AFDER et les médiateurs de santé pair s’appuient sur les structures déjà existantes et sur les groupes de parole en 12 étapes qui sont gratuits. Nous devons seulement canaliser et organiser le potentiel gigantesque qui existe : un dépendant actif est un dépendant en rétablissement à venir et un médiateur de santé pair en devenir.

 

La solution est à portée de main.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5-  A combien évaluez-vous le coût d’un addict quand il consomme ?  

 

 

Le Groupe Pompidou a réalisé une étude complète sur comment évaluer le coût social des dépendants et les chiffres sont édifiants :

 

Principaux résultats 

 

En France, au total, pour l’ensemble des trois types de substances, le « coût social » s’élève à 33,23 milliards d’euros soit 2,68% du P.I.B. Ce « coût social » se répartis approximativement en :

 

  • 17,53 milliards d’euros pour l’alcool (1,42% du P.I.B) qui arrive ainsi en tête,
  • 13,72 milliards d’euros pour le tabac (1,1% du P.I.B),
  • 2 milliards d’euros pour les drogues illicites (0,16% du P.I.B).

 

Indicateur du coût social des drogues :

 

 

Alcool

Tabac

Drogues illicites

Total

Coût social en million d’euros

17 530

13 720

2 000

33 250

Part de chaque substance dans le coût social total

52,94%

40,94%

6,12%

100%

Coût social / PIB

1,42%

1,10%

0,16%

2,68%

Dépense par habitant en euros

299,75

231,80

34,67

566,22

 

 

Ces résultats sont étonnants dans la mesure où ils diffèrent notablement de ceux d’études menées à l’étranger selon une méthodologie analogue.

 

En France, le « coût social » de l’alcool arrive en tête, avant celui du tabac, alors que le contraire est observable au Canada (1,4 % contre 1,1 %) et en Australie (2,4 % contre 1 %). Le  « coût social » de l’alcool en France (1,42 %) est approximativement 50 % plus élevé que dans ces deux pays. Cette « exception française » est certainement encore plus marquée que ce qu’indiquent nos chiffres.

 

En effet, contrairement aux études canadienne et australienne nous ne comptabilisons comme source du coût des crimes et délits attribuables à l’alcool que les infractions au code de la route et les homicides causés par des personnes sous l’emprise de l’alcool.

 

Nous ne tenons pas compte, faute de données et contrairement aux études étrangères, des vols, viols, violences conjugales, violences sur enfants, blessures involontaires et petite délinquance imputables à l’alcool, ainsi que les coûts associés à ces aspects (coût d’enquête, coût de justice, coût d’incarcération, pertes de revenu, pertes de production et pertes de prélèvements obligatoires).

 

 

 

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posted on 12 novembre 2013
in News, Un nouveau modèle économique
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