Une addiction à l’activité physique au même titre qu’une dépendance au produits

Maladie reconnue par l’OMS, la bigorexie est l’addiction au sport qui touche aussi bien les athlètes de hauts niveaux que les amateurs. On ne présente plus les multiples bienfaits du sport mais il existe aussi un revers de la médaille: la bigorexie, une addiction à l’activité physique au même titre qu’une dépendance au jeu ou au shopping. Ce phénomène est même reconnu par l’Organisation mondiale de la santé. Quand on parle d’addiction, on évoque plutôt celle au tabac, à l’alcool, aux jeux, au sexe… mais la dépendance à l’exercice physique existe aussi et porte même un nom: la bigorexie.

Si toutes les agences sanitaires recommandent de pratiquer une activité physique quotidienne, l’idéal étant une activité modérée au moins 3 heures par semaine ou une activité intensive au moins 20 minutes trois fois par semaine, les personnes qui souffrent de bigorexie entretiennent une relation pathologique avec le sport. Elles ressentent un besoin irrépressible de pratiquer assidûment et intensivement une ou plusieurs activités physiques.

Concrètement, ces dernières se sentent mal voire déprimées si elles ne font pas de sport tous les jours, organisent toutes leurs journées en fonction de cette activité, trouvent qu’elles ne s’entraînent jamais assez et sont obsédées par leur poids et leurs performances. Le phénomène étant encore peu connu, aucune enquête ne permet de donner une estimation du nombre de personnes concernées.

Mais à en croire l’expertise de l’Inserm, “Activité physique, contextes et effets sur la santé”, parue en 2008, 4% des Français en seraient victimes. Ce phénomène, qui toucherait aussi bien les amateurs que les professionnels, s’appliquerait davantage aux sports individuels comme la musculation et l’endurance.

Une recherche de bien-être…

La bigorexie, aussi appelée sportoolisme, est reconnue comme une maladie depuis septembre 2011 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et fait partie de la famille des addictions comportementales (jeux, shopping, nourriture) aussi appelées addictions “sans produit” ou “sans substances psychoactives”.

“Ces addictions sont souvent associées à des troubles psychiques et touchent toutes les classes sociales et tous les âges. Leurs méfaits s’attaquent à toutes les composantes de la vie quotidienne: familiale, sociale, professionnelle et financière”, précise l’Inpes.
Le sport fait de nombreux adeptes, non seulement pour ses bienfaits sur la ligne, mais également pour ses nombreux effets physiologiques bénéfiques grâce aux endorphines libérées par le cerveau, également appelées “hormone de bien-être”, qui peuvent expliquer cette dépendance. Mais derrière ce ressenti de plaisir se cache plus généralement une souffrance personnelle.

Comme l’explique l’Asef*, “cette addiction peut avoir une origine psychologique: besoin d’augmenter l’estime de soi, de combler un vide affectif ou de modifier l’apparence corporelle qui est sous-estimée”, souligne-t-elle.
… Qui peut s’avérer dangereuse

Comme toute addiction, la bigorexie peut présenter des risques pour la santé, au-delà des problèmes professionnels, familiaux et psychologiques. Selon l’Asef, “cela peut se caractériser par un épuisement général, mais aussi par des déchirures musculaires, des atteintes tendineuses, des fractures osseuses, l’infarctus”.

Difficile de chiffrer le nombre d’heures qui représenterait un danger pour le corps, mais des critères de dépendance ont été établis pour repérer les personnes concernées: signes de manque en cas de sevrage (anxiété, irritabilité), volonté de courir malgré une blessure et rupture sociale. Les personnes qui se sentent concernées ne doivent pas hésiter à en parler à leur médecin ou à un médecin addictologue.

Un entretien avec un psychologue du sport peut aussi permettre de mesurer la gravité du phénomène et de connaître son origine, à condition que la personne reconnaisse et accepte l’idée d’être dépendante, comme pour toutes les autres addictions. Le tout est d’éviter que cette addiction ne soit remplacée par une autre et de comprendre que, comme toutes les bonnes choses, même le sport est à consommer avec modération.

*Association Santé Environnement France

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