Addictions: Nos conseils aux responsables des RH

Alcool et drogues sont à l’origine de 20 à 30 % des accidents du travail. Et coûtent aux entreprises en moyenne 1,5 % de la masse salariale annuelle. 

Un chauffeur de bus qui sous l’emprise du cannabis ramène sont 15 tonnes au dépôt et renverse ses collègues. Un commercial qui prend le volant, après avoir snifé de la coke, il se prend pour Fangio…

La drogue au travail n’épargne plus aucun secteur d’activité ni aucune couche sociale. 

Dans l’Hexagone, avec plus de 550.000 consommateurs de cannabis quotidiens la France est bien placée.

«Beaucoup arrivent sur le marché de l’emploi avec leurs addictions», déplore le juge Apaire ex président de la MILDT, qui précise : « L’alcool aussi a fortement progressé chez les jeunes, ce qui aboutit souvent à une polyconsommation très préjudiciable à leur intégration dans le monde de l’entreprise.» 

Plus de 10% des salariés sont affectés par un problème de consommation.

La question de la sécurité sur les lieux de travail est évidemment une priorité. Cela vaut pour le consommateur mais aussi pour ceux qu’il expose, à commencer par ses collègues de travail et ses éventuels clients, rappelle Jean- Denis Combrexelle, directeur général du travail au ministère du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique.

Etre amené à gérer un collaborateur qui consomme trop est plus fréquent qu’on ne le croit.

Pour autant, entre l’inefficacité dans le travail, la désorganisation du service, les tensions entre les personnes, sans oublier l’éventuel déni du patient et la chape de plomb du déni collectif, il faut agir vite.

Il en va de la responsabilité de l’employeur, qui a l’obligation d’interdire la consommation d’alcool au sein de ses locaux (article L 232-2 du code du travail), et qui doit assurer la sécurité physique et mentale de son personnel.

Nos conseils aux managers : 

– Prendre contact avec l’AFDER : [email protected]

– Proposer un entretien individuel pour créer un lien de confiance en rappelant les responsabilités de chacun. Rappeler la loi : avertissements et licenciement s’il y a récidive.

– Laisser un temps de réflexion au salarié 

Le manager avec le référant de l’Afder peut orienter le salarié en difficulté vers un groupe d’entraide et fédérer une équipe sur un projet commun de rétablissement.

Une entreprise se met en valeur quand elle fait preuve de fermeté tout en proposant de l’aide à son subordonné pour s’en sortir. La dépendance est une maladie reconnue par l’OMS.

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