La codépendance, et la dépendance affective et sexuelle.

La dépendance est un sentiment de manque puissant. Un besoin « douloureux » qu’il est nécessaire d’assouvir. C’est également un manque en nous que nous cherchons à combler par l’extérieur. Une fois trouvée cette chose à l’extérieur, elle nous est indispensable et nous en sommes DÉPENDANT!

Cela devient nécessaire pour ne pas dire vital. On ne pense qu’à ça, elle nous hante ! Il existe différentes formes de dépendance : l’alcool, la drogue, le sport, le sexe,  la nourriture, l’argent, le travail, le jeux, la cyberdépendance…, ce sont des addictions plus ou moins dure.

Si ce manque est affectif, sentimental ou sexuel, il nous faut trouver une personne capable de combler au mieux ce manque.

Cela semble tout à fait légitime de vouloir se débarasser de ces souffrances, seulement voilà, une relation amoureuse N’est PAS faites pour combler un vide en nous !

Les êtres humains sont interdépendants par définition. Cependant, certains sont plus ou moins indépendants que d’autres et il arrive qu’un excès de dépendance soit problématique et occasionne des souffrances. La dépendance affective (ou amoureuse) perturbe le fonctionnement de la personne qui en souffre, ou la stabilité de la relation de couple.

Il est à noter que l’on peut être un dépendant affectif ou sexuel en dehors d’une relation de couple uniquement. On peut l’être à propos d’un ami, d’un parent, d’un enfant, etc.

Peut-on vraiment qualifier une dépendance plus importante l’une que l’autre ? À mon sens non. Avez-vous seulement idée à quel point la dépendance affective ou sexuelle peut faire des dégâts ?

Et cette « maladie » arrive tout autant chez les hommes que chez les femmes. Il est fréquent de rencontrer des dépendants affectifs ou sexuels chez le conjoint de l’alcoolique et/ou du drogué, on parle alors de codépendance.

Le codépendant

Le codépendant affectif reste accroché à son conjoint pour diverses raisons : parce que la sexualité est satisfaisante (c’est souvent ce qui fonctionne le mieux dans la relation) et que l’on a le sentiment de ne pouvoir s’en passer, l’insécurité financière joue aussi un rôle important quand on pense laisser son conjoint. Enfin, l’idée de la solitude est souvent terrifiante.

La dépendance affective ou sexuelle peut découler d’un ensemble de facteurs dont le principal est l’environnement familial déficient, nommément la famille dysfonctionnelle, environnement dans lequel l’individu a pu être carencé au niveau affectif.

D’ailleurs combien de femmes, par exemple, ont pensé aller chercher l’amour et l’affection dans la sexualité avec un homme alors que, bien souvent, c’était l’amour de leur père qu’elles recherchaient?

L’enfant, n’ayant pas reçu cette sécurité affective étant jeune, il est fréquent qu’il veuille rechercher l’approbation et la revalorisation lorsqu’il devient adulte, afin d’établir des bases solides pour une estime de soi valable.

Les différents types

La dépendance affective prend plusieurs formes, intellectuelle, financière, sexuelle, affective. Il peut s’agir d’un type spécifique de dépendance, comme la dépendance à la relation passionnelle (autrement dit à la première phase de l’amour où passion et sentiments sont intenses. Ce n’est pas à l’autre en tant que sujet dont on est dépendant, mais à cette phase passionnelle) ; la dépendance à l’autre décrit un attachement dépendant à l’autre qui n’est donc pas interchangeable. La drague compulsive peut traduire la dépendance au nombre de conquêtes, qui sont enchaînées, mais ce n’est pas pour cumuler les relations sexuelles mais c’est finalement y trouver une forme d’attachement affectif. Ou bien le dépendant n’est intéressé qu’a une certaine forme de la relation sans engagement  par exemple le sexe, car il ne peut pas donner de nourriture intime, on parle alors d’anorexie.

Le dépendant affectif ou sexuel se réalise à travers l’autre. Mais il y a un autre aspect à cette addiction et c’est celui de se sentir responsable du bonheur de l’autre.

Combien de fois n’ai-je pas entendu plus d’une femme d’alcoolique ou de toxicomane me dire ou le vivre inconsciemment : « je vais tellement aimer mon mari, qu’il va arrêter de consommer à cause de moi, qu’il va changer son comportement ».

Ces deux aspects de la dépendance affective ou sexuelle ont pour but de chercher et retrouver une source de valorisation personnelle (ne serait-il pas extraordinaire de « sauver » l’autre ?), de justifier sa raison d’être à travers l’autre et donc d’atteindre le bien-être.

Mais attention, chez le dépendant affectif ou sexuel, tout cet exercice, tout ce déploiement d’énergie sont en place afin, souvent, de combler un vide intérieur. Il dépend donc de beaucoup de monde : amis, parents, conjoint et dévie de ses propres besoins à combler.

Il abandonne ses intérêts personnels pour se centrer sur quelqu’un qu’il considère comme plus important que lui. Il va se plier au moindre désir de l’autre. Cela peut même aller jusqu’à devenir victime de manipulation et accepter l’inacceptable.

Jusqu’où cette réalité du dépendant affectif ou sexuel peut-elle mener ? La prison, l’hôpital ou la mort…

La dépendance affective ou sexuelle n’est pas moins pire qu’une autre dépendance, car elle porte son lot de souffrances. Parlez-en aux dépendants affectifs ou sexuels eux-mêmes.

La dépendance affective, c’est, en bref, compter sur une autre personne pour se développer (affectivement, socialement, personnellement). N’exister que par l’autre. Compter sur l’autre pour son propre bonheur… À ce compte, je la compare à toutes les autres dépendances. Le « produit » consommé est humain, sexuel, affectif.

Que pouvez-vous faire maintenant ?

Il n’existe pas de traitement « miracle », mais il y a quand même une bonne nouvelle : si la dépendance affective ou sexuelle est comparable à n’importe quelle autre addiction, alors il est possible d’en arrêter la progression et d’en sortir.

Être d’abord heureux pour soi, combler ses propres besoins et ainsi tout le monde finira par en bénéficier. Installer une espèce de détachement émotif, c’est-à-dire vous approprier vos propres émotions, les assumer, se changer de l’intérieur; ensuite, la transformation de votre personne deviendra un objet d’attrait pour les autres autour de vous.

Ne déviez jamais de l’idée de combler vos propres besoins, d’avoir vos propres activités et de ne pas déroger à faire ce que vous devez faire, pour vous.

Et encore une fois, il n’y a que vous qui puissiez le faire, mais vous n’êtes pas obligé de le faire seul !

Comment en sortir ?

Quand la souffrance est trop grande, lorsque la dépendance met en péril le couple, il est important de se faire aider. Un travail sur soi est indispensable puisque comprendre l’origine de la dépendance, en analysant son enfance et adolescence pour identifier quelles failles se sont formées, quels besoins n’ont pas été assouvis permettra de mieux répondre à ces derniers.

Il nécessite de faire face à son angoisse et de travailler sur des reformulations pour ne pas se laisser envahir par les pensées erronées (il ne va pas revenir, il doit me tromper,…) en les reformulant de façon positive. Quand l’angoisse survient, différentes stratégies peuvent être mises en place : partir se balader dans la nature, méditer, prendre une douche froide ou chaude pour se concentrer sur des sensations physiques, effectuer une activité manuelle, artistique ou sportive,… Cultiver une vie familiale, amicale, sociale épanouie est un excellent moyen de sortir de la dépendance à une seule personne.

Un travail sur la confiance en soi est indispensable pour prendre conscience du fait que l’on est réellement aimable (au sens où l’on peut être aimé). C’est la base de toute relation de couple… Le partenaire peut aussi être impliqué dans la thérapie puisqu’il n’est pas simple d’être toujours sollicité par le dépendant affectif et de devoir toujours le rassurer. Cela permet d’améliorer les interactions entre les deux partenaires…

L’accompagnement avec un pair-aidant, l’ETP l’éducation thérapeutique du patient  peut aussi aider, l’Afder organise régulièrement des groupe d’empowerment pour plus d’information téléphoner  au  06 11 68 98 52.

Mahidine Bouchaaba

Médiateur de santé-pair

Coach en addictions 

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